Carence en fer : qui est concerné, quelle prise de sang ?

Par Damien · Mis à jour le 7 octobre 2026

La réponse en 5 secondes

En France, la carence en fer touche surtout les femmes en âge d'avoir des enfants : 20 % ont des réserves de fer vides, et près d'une sur quatre entre 18 et 39 ans. Elle est rare chez l'homme (1,5 %). Pour savoir où tu en es, il faut une prise de sang : la Haute Autorité de santé (HAS) recommande en premier le dosage de la ferritine pour confirmer une carence suspectée.

Les chiffres en France

L'étude Esteban de Santé publique France a mesuré la ferritine (la protéine qui reflète les réserves de fer) chez 2 335 adultes entre 2014 et 2016. Une ferritine sous 15 µg/L signe des réserves vides ; entre 15 et 30 µg/L, des réserves faibles.

GroupeRéserves vides (ferritine < 15 µg/L)Réserves faibles (15 à 30 µg/L)
Adultes de 18 à 74 ans6,9 %9,1 %
Femmes adultes11,9 %14,0 %
Femmes en âge de procréer20,3 %21,5 %
Hommes adultes1,5 %3,9 %
Enfants de 6 à 17 ans12,8 %25,1 %

L'anémie par manque de fer (anémie ferriprive) touche 3,9 % des femmes en âge de procréer, 0,4 % des femmes ménopausées et 0,2 % des hommes. Elle dépasse 10 % chez les filles de 6 à 17 ans. Parmi les femmes qui avaient une anémie ferriprive au moment de l'étude, seules 3,8 % avaient pris un traitement dans l'année. Santé publique France ne relève aucune évolution significative depuis 2006.

Source : Santé publique France, Esteban 2014-2016, volet nutrition, dosages biologiques (décembre 2019)

Qui est le plus concerné ?

Selon l'Anses, les personnes les plus à risque sont celles qui :

  • ont des besoins élevés à cause de la croissance : nourrissons, enfants, femmes enceintes ;
  • ont de fortes pertes : femmes aux règles abondantes, personnes qui saignent, de façon visible ou cachée ;
  • absorbent mal le fer, par exemple à cause d'une inflammation ou d'une infection.

Les femmes adultes mangent en moyenne 8,9 mg de fer par jour (étude INCA3), alors que l'Anses retient une référence de 11 mg par jour pour une femme aux règles peu ou moyennement abondantes et 16 mg pour une femme aux règles abondantes. Les hommes en mangent 12,2 mg en moyenne, pour une référence de 11 mg. Ces références couvrent les besoins de presque tout le monde : manger moins ne veut pas dire qu'on est carencé. Seule une prise de sang le dit. Les besoins en détail

Sources : Anses, références nutritionnelles en vitamines et minéraux (2021), fer · Anses, étude INCA3 (2017), tableau 63

Les signes ne suffisent pas

La conséquence la mieux établie d'un manque de fer est l'anémie, selon l'Anses. Mais les signes qui font penser à une carence, comme la fatigue, ne sont pas propres au fer. La HAS le résume ainsi pour la grossesse : « Seuls des dosages biologiques permettent d'objectiver une carence martiale. » Si tu te sens fatigué depuis longtemps, parles-en à ton médecin plutôt que de commencer un complément au hasard.

Quelle prise de sang ?

La fiche de la HAS « Suspicion de carence en fer : quels examens prescrire ? » (2011) est claire :

  • La ferritine d'abord. « Dans les cas courants de suspicion de carence en fer, la Haute Autorité de Santé recommande en premier lieu le dosage de la ferritine sérique. »
  • Une ferritine basse suffit. « Une ferritine sérique abaissée suffit à affirmer le diagnostic d'une carence en fer ; le recours à d'autres marqueurs du métabolisme du fer n'est alors pas nécessaire. »
  • Dans les cas plus rares (inflammation, insuffisance rénale chronique, ou ferritine normale alors que le médecin soupçonne fortement une carence), la HAS propose de doser le fer et la transferrine pour calculer le coefficient de saturation de la transferrine.
  • Ce qu'elle ne recommande pas : le dosage du fer seul, l'association fer plus ferritine, et la recherche des récepteurs solubles de la transferrine en pratique courante.

C'est ton médecin qui prescrit l'examen et qui interprète le résultat. Si une carence est confirmée, la notice des médicaments au fer rappelle que le traitement doit, « dans la mesure du possible, être associé au traitement de la cause » : il faut aussi comprendre pourquoi le fer manque. Elle précise aussi qu'un fer bas lié à une inflammation ne se corrige pas en prenant du fer. Médicament ou complément : la différence

Sources : HAS, « Suspicion de carence en fer : quels examens prescrire ? » (14 juin 2011) · Base de données publique des médicaments, RCP d'un médicament au sulfate ferreux (rubrique 4.4)

Pendant la grossesse

En France, la HAS ne recommande pas de donner du fer à toutes les femmes enceintes : « Ni les données cliniques, ni les recommandations françaises ne justifient une supplémentation en fer systématique des femmes enceintes en prévention d'une éventuelle carence. » Une supplémentation peut être proposée aux femmes à risque de carence (antécédents d'anémie, saignements récents, grossesses multiples ou rapprochées, adolescentes, carences nutritionnelles…), et selon son avis de 2013, « après que la carence martiale a été objectivée ».

La prise de sang (hémogramme) n'est obligatoire qu'au 6e mois. Pour chercher une carence, la ferritine est l'examen le plus souvent retenu, même si son interprétation pendant la grossesse ne fait pas consensus. La sage-femme ou le médecin qui suit ta grossesse est la bonne personne pour en parler.

Sources : HAS, Commission de la transparence, avis du 11 mai 2016 · HAS, Commission de la transparence, avis du 23 janvier 2013

Sources

Cette page ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé (médecin, sage-femme ou pharmacien).